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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 22:03

Hiéronymus Van Haken, alias Jérôme BOSCH (1450-1516). 





 

De son véritable nom Hieronymus Van Haken, Jérôme Bosch est né dans une famille modeste originaire d'Aix la Chapelle, venue s'installer en Pays Bas deux siècles plus tôt.
Son grand-père Jan Van Haken et son père Anthonis Van Haken ont exercés déjà le métier de peintre, quand Hieronymus naît vers 1453 à S'Hertogenbosch au Pays Bas.
On sait assez peu de chose sur sa vie, mais on sait qu'il se marie vers 1478 avec une aristocrate qui lui permet d'accéder à un statut social plus enviable et à une certaine sécurité matérielle.
Vers 1486, Jérôme Bosch est cité comme membre d'une confrérie, "La Confrérie Notre Dame", proche d'une secte hérétique "Les Frères du Libre-Esprit".

Une citation de 1509 dans les registres de "La Confrérie de Notre Dame" le fait apparaître comme étant "Jheronymus Van Haken, le peintre qui signe "Bosch".
Si l'origine de l'art et de son évolution stylistique est assez complexe, le difficulté est accrue par le fait qu' aucune oeuvre n'est datée et que de nombreux panneaux qu'il a peint ont été détruits. La chronologie de son oeuvre est difficile à établir et repose en partie sur des hypothèses

 

On ne sait que très peu de choses d'abord sur la période d'apprentissage de Jérôme Bosch, dont on peut cependant dire qu'elle n'a pas pu échapper d'abord à l'influence exercée par les oeuvres de son père.
On peut supposer par ailleurs, que bien qu'on ne sache rien de sa formation ou de ses déplacements hors de sa cité natale qui l'auraient mis en contact avec d'autres artistes de son époque. Ses tableaux sont très marqués par les représentations du bien, du paradis, du mal, du vice, de la douleur, de la souffrance, propre aux préoccupations médiévales de son temps.
Le salut, le jugement dernier, l'attente de l'avenir, de la mort ou de la fin du monde, prennent chez lui une forme très différente des peintres qui sont ses contemporains : tels les frères Van Eyck, Rogier Van der Weyden ou Memling, mais encore Dürer ou Léonard de Vinci.
Ce n'est pas une résignation pieuse propre au Moyen-âge qui s'exprime chez lui, comme dans de nombreuses oeuvres de cette époque, mais à l'inverse, une interrogation par la représentation morale de la responsabilité des hommes ici bas, et ainsi en quelque sorte une ouverture à la modernité.

 

 

Le jardin des délices, 1503


Cette  peinture à l'huile sur bois, peinte vers 1494-1500 et visible au Louvre à Paris, mesure 57,8 x 32,5 cm. Elle est inspirée par La Nef des Fous (Das Narrenschiff), un recueil de poèmes satiriques de l'alsacien Sébastien Brant publié en 1494. L'ouvrage, illustré de gravures sur bois attribuées à Albrecht Dürer, connut immédiatement un succès sans précédent. Il fut traduit en plusieurs langues, détrôna un temps la Bible dans le record des ventes.









Peinture la plus célèbre de Jérôme Bosch, ce triptyque dépeint l'histoire du monde et la progression de péché. Les panneaux fermés représentent la création du monde,



















 l'histoire progresse avec Adam et Eve et le péché original sur le panneau gauche.
Le panneau du centre dépeint un monde
profondément engagé dans des plaisirs coupables.



Le panneau de droite les supplices de l'enfer.
Ci-dessous des détails de la partie droite du tryptique.



     Des tentatives diverses ont été faites pour interpréter les différentes scènes. Les représentations sexuelles ont été rapprochées du credo des Adamites, une secte hérétique qui préconisait la liberté sexuelle.









Une  autre théorie met en avant une série d'illustrations de  proverbes.




Dans l'enfer figurent plusieurs instruments de musique gigantesques. Si leur forme est réaliste, leur situation ne l'est pas :
la harpe sort d'un luth et relève du fantastique.
Une figure humaine tendue à travers les cordes d'une harpe;




 




une autre se tord autour du bec d'une flûte et s'est entrelacée avec un serpent ; une troisième paire montre un tambour équipé de pieds d'oiseaux.

 

  

 















(Les détails proviennent d'une copie du tryptique par Michel MANCINI.)






Autre réalisation du peintre:

"Le portement de croix" , avec des visages incroyables...



 






 

  http://www.lemondedesarts.com/Dossierbosch.html
 http://www.cineclubdecaen.com/peinture/peintres/bosch/jardindesdelices.htmBOSH
 http://laboiteaimages.hautetfort.com/archive/2005/07/31/la_nef_des_fous_de_jerome_bosch.html 

et autres documents. 




 

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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 22:01

 

Marc Chagall 1887-1985




      Portrait de Chagall par  Yury Pen

„J'ai choisi la peinture parce qu'elle m'était autant nécessaire
que la nourriture. Elle me
semblait être une fenêtre par laquelle je pouvais
m'envoler dans un autre monde"

Marc Chagall 1958


 

Moyshe Segal arrivé de l'endroit où les vaches volent dans les airs, les poissons jouent du violon et les amants unis dans des baisers passionnés s'élèvent dans les nuages, il a inscrit son chapitre du monde féerique dans l'histoire de la peinture, en se faisant connaître sous le pseudonyme de Marc Chagall. En tant que jeune peintre, il a commencé par l'observation des gens et apporté un monde de maisons de bois couverte de neige, de musiciens errants et de petits buveurs dans les métropoles européennes telles que Paris, Berlin ou New York, en y apportant le charme et l'amour de son pays natal. 

     Chagall a beaucoup voyagé dans le monde. Chicané par les communistes et puis par les nazis (ils ont jugé son art dégradable). Il a été obligé de changer plusieurs fois son lieu de séjour. Malgré cela il a fait beaucoup de connaissances intéressantes. Il est devenu ami entre autres avec Max Jacob et Guillaume Apollinaire, il était lié avec le couple de peintres Robert et Sonie Delaunay, son atelier parisien voisinait avec l'atelier d'Amadeo Modigliani ainsi qu'avec celui de Chaima Soutin, il entretenait des contacts avec les représentants du cubisme et du surréalisme. Pourtant malgré les rapports avec l'environnement de l'Avant-garde, il créait aux rebords du modernisme, absorbé dans son propre monde de l'imagination .La création de l'artiste très souvent a été comparée aux tableaux des surréalistes, pourtant le peintre lui-même s'est séparé de ce groupement en refusant officiellement d'y entrer en 1924. Il affirmait qu'il préfère peindre la vie que des rêves.

 Il disait : "Ne m'appelez pas fantaisiste ! Au contraire je suis réaliste. J'aime le monde ". À l'aide des couleurs il racontait des histoires de sa vie, il parlait de son bonheur et de sa passion pour les femmes, il parlait de la beauté de la vie quotidienne. Sa peinture exprimait la passion de la vie!

 


http://www.vide.fr/vide/artysci/archiwum_chagall.html__jezyk_id--FR,kraj_id--DE






Le plafond de l'Opéra de PARIS. 

 

 

 

 

 

Architecture intérieure

Peinture (Plafond peint)
Date : 1964

Artiste : Marc Chagall

Modèles : Tristan, Iseut, Daphnis, Chloé, Orphée, Eurydicé

Commanditaire : André Malraux

En relation avec : Igor Stravinski, Piotr Ilitch Tchaïkovski, Christoph Willibald Gluck, Alexandre César Léopold Bizet (Georges), Giuseppe Verdi, Jean-Philippe Rameau, Claude Debussy, Ludwig van Beethoven, Maurice Ravel, Modest Petrovitch Moussorgski, Johannes Chrysostomus Wolfgangus Theophilus Mozart, Richard Wagner, Louis-Hector Berlioz, Jules Eugène Lenepveu

  
http://www.insecula.com/oeuvre/photo_ME0000060489.html






Quelques vitraux....
 

Ce qu'il faut savoir:
Les peintres ne sont pas des "vitraillistes".
Le peintre, guidé par les plans, les descriptions, les photos, exécute dessins et esquisses. Il fournit une maquette définissant les couleurs, les formes, le rythme des ombres et de la lumière. Vient ensuite le carton à grandeur d'éxécution déterminant le tracé des plombs, la découpe des verres, leur valeur colorée: verres plaqués, verres antiques, soufflés à la bouche, mordus à l'acide, etc.."Allant du trait noir au lavis le plus léger, Chagall fixait l'intensité colorée de chaque verre et en modifiait la translucidité". Le travail du vitrail est réalisé par un maître verrier. Pour Chagall, comme pour les autres peintres, le nom du maître verrier n'est pratiquement jamais cité. Le nom du peintre créateur reste, l'artiste verrier est oublié.... Réparons cet oubli.....


Charles MARQ

Né à Paris en 1923.

Après une licence de Philosophie à la Sorbonne il

s'intéresse à la musique et fonde en 1945 avec Pierre

Bonnard la "Société de Musique Italienne" à Reims.

En 1949, il épouse Brigitte Simon qu'il a rencontrée

en 1946 et qui l'incite à dessiner. Il reprend avec elle

l'atelier de vitraux de Jacques Simon à Reims. Après

la réalisation de vitraux personnels à Reims, Rethel et

Lyon, il exécute, à partir de 1956, les vitraux avec

Jacques Villon, Roger Bissière et Marc Chagall pour

la cathédrale de Metz. Jusqu'en 1985 ce sera lui qui

réalisera tous les vitraux de Marc Chagall.

 



 



Quelques mots émouvants de CHAGALL






im Fraumünster Zürich


Le chœur roman qui remonte aux années 1250 à 1270 est très élevé (18m).

Le rouge sang « prophètes » sur la fenêtre de gauche (nord).

Le jaune « Sion » sur la fenêtre de droite (sud).

 

 

 

     
     
     
     
     
     
     



http://www.salzmaenner.ch/projekte/2003/2003-04-05-chagall/index.html 







        
Vitrail  ( Nations Unies, New-York)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Chagall


LA RESTAURATION DU VITRAIL DE LA PAIX DE CHAGALL MARQUE LE SOIXANTIÈME ANNIVERSAIRE DE L’ONU ET LE CENTENAIRE DE LA NAISSANCE DE DAG HAMMARSKJÖLD


La Vice-Secrétaire générale s’exprime à l’occasion de la cérémonie d’inauguration


(Publié le 1er février 2006 – retardé à la traduction)


On trouvera ci-après le texte de l’allocution prononcée ce soir, au Siège, par la Vice-Secrétaire générale de l’ONU, Mme Louise Fréchette, à l’occasion de la cérémonie d’inauguration du vitrail de la paix de Chagall.

 

La cérémonie organisée aujourd’hui pour célébrer la restauration du vitrail de la paix de Chagall, fruit du travail acharné de la Maecenas World Patrimony Foundation, marque une étape importante dans l’histoire de l’ONU. En effet, nous célébrons à la fois les 60 ans de l’Organisation et le centième anniversaire de la naissance de Dag Hammarskjöld, dont le souvenir est immortalisé par le vitrail que nous avons devant nous.

 

La carrière et la mort prématurée de Dag Hammarskjöld illustrent parfaitement les qualités les plus élevées qu’un fonctionnaire international puisse posséder : dévouement à la cause de la paix, souci de la médiation et disposition à risquer sa vie pour le bien de l’humanité. Malgré de nombreuses obligations professionnelles, il a vécu une existence paisible, expression de son amour de la culture et de la méditation.

 

Il était donc approprié que le personnel de l’ONU et l’artiste Marc Chagall honorent la mémoire de Dag Hammarskjöld en lui dédiant ce vitrail de la paix, à l’occasion du troisième anniversaire de sa mort. Peintre français né en Russie, dont la carrière a couvert de nombreux continents, Chagall a créé des œuvres qui symbolisaient la communion des cultures dans la paix, l’amour et l’harmonie. La couleur qui domine dans le vitrail est le bleu, couleur qui, selon Chagall, était propice à la méditation.

 

Sa place près de l’entrée de la salle de méditation, pensée et créée par Dag Hammarskjöld, met en relief ce lien.

 

En haut, à droite, on voit des défenseurs de la paix et des martyrs morts pour la cause. Étant donné que l’une des œuvres musicales préférées de Dag Hammarskjöld était la neuvième Symphonie de Beethoven, Chagall a également intégré quelques notes du dernier mouvement dans le vitrail.








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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 21:59

Le Tricheur à l'as de carreau
et
le tricheur à l'as de trèfle.

Georges de la TOUR (1593-1652)





Georges de La Tour, né en 1593 à Vic-sur-Seille, est le plus grand peintre lorrain du XVII ème siècle. Il se maria à Diane Le-Nerf avant de devenir peintre ordinaire du Roi Louis XIII. Ainsi, Georges de La Tour faisait l'objet de nombreuses commandes de la part du Roi et d'une clientèle parisienne importante.
En janvier 1652, à Lunéville, le peintre vicois mourut quinze jours après sa femme, d'une pleurésie.

 

Le Tricheur à l'as de carreau (environ 1635)

Seul tableau diurne de G. de La Tour au Louvre avec le Saint Thomas, Le Tricheur illustre un thème fréquemment traité à la suite du Caravage. Le jeune homme est ici soumis aux trois tentations majeures selon la morale du XVIIe siècle : le jeu, le vin, la luxure. Il en existe une autre version comportant des variantes notables, Le Tricheur à l'as de trèfle , qui serait le premier crée .(Fort Worth, Kimbell Art Museum).

 

Quatre personnages sont réunis autour d'une table et jouent aux cartes. Ils semblent tous suspendus dans le temps. A droite, un jeune homme richement habillé passe en revue ses cartes. Il est isolé des autres protagonistes et ne partage pas la complicité de ces derniers, visible dans les jeux de regard. Légèrement excentrée, une femme, à la coiffe sophistiquée et au décolleté plongeant, nous dirige par son regard et par le geste de sa main vers la gauche de la composition. Là, un autre joueur plongé dans l'ombre sort discrètement un as de carreau dissimulé à l'arrière de sa ceinture. Enfin, entre lui et la courtisane, une servante prépare un verre de vin. La situation paraît assez claire. Le jeune homme attiré dans le jeu par la courtisane qui ne manque pas d'atouts, est enivré et va être dépouillé par l'homme de gauche.



Les différences sont visibles sur les compositions ci-dessous:

(Le haut du tableau est allongé de 10 cm,  des modifications de bijoux, de barbe chez le tricheur, de position de la main de la joueuse, la couleur de la robe de la servante,....









 






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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 21:53
LA CARICATURE SELON HONORE DAUMIER

Les parlementaires.




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Alexandre Le Comte






















Laurent Cunin, dit Cunin-Gridaine (1778-1859)
député des Ardennes, ministre du Commerce

Le Mauvais

Associé de Gridaine, son beau-père fabricant de draps, il est élu en 1827 député de Mézières et siège aux côtés de La Fayette. Opposé au cautionnement des journaux il fait partie des 221 opposants au régime de Charles X. Après 1830, il acquiert une grande importance politique. Il est ministre dans les cabinets Soult puis Guizot en octobre 1840. Il est, dit-on, « le Thuriféraire de toutes les mesures rétrogrades ». Le Charivari du 24 avril 1833 le décrit comme ne parlant jamais et ayant l'air de ne pas penser davantage. Il quitte la politique en 1848.

Antoine Odier






















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Baron Joseph de Podenas





























Charles-Guillaume Etienne (1777-1845)
député de la Meuse, pair de France

Le Vaniteux

Auteur dramatique et directeur du Constitutionnel, membre de l'Académie française sous Napoléon Ier, il est révoqué en 1815. Libéral, il siège à gauche comme député de la Meuse en 1822, 1827, 1828. De nouveau député après la révolution de 1830, il soutient les gouvernements jusqu'au ministère Molé entre 1836 et 1839. Il s'allie alors au centre-gauche. Il est nommé pair de France en 1839. Selon Le Charivari du 20 septembre 1833, « Le député de la Meuse dort à la Chambre comme il dort à l'Institut. Il ne s'éveille qu'aux heures des repas ; mais alors, il retrouve toute ses capacités intellectuelles, dont la plus remarquable est d'une étourdissante loquacité. Aussi un homme d'action a dit de lui : "C'est un estomac disert." Malheureusement, la digestion ne tarde pas à le plonger [...] dans cet état de torpeur où le représente [...] M. Daumier. »
          Charles Philippon




























 

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Comte Antoine Maurice Apollinaire












































Inconnu, dit Frédéric-Alfred-Pierre vicomte de Falloux du Coudray
(1811-1885)
député du Maine-et-Loire,
ministre de l'Instruction publique et des Cultes

Un Malin

Falloux est issu d'une famille bourgeoise anoblie par Charles X. Il est proche des catholiques libéraux tels que Montalembert et Lacordaire. En 1846 il est élu à la Chambre. En décembre 1848 il deviendra ministre de l'Instruction publique dans le gouvernement d'Odilon Barrot. Il se retirera de la politique sous le Second Empire. L'identité du personnage représenté reste une énigme. Il est en fait douteux qu'il s'agisse ici de Falloux - qui avait vingt-deux ans en 1833 -, si l'on en juge par les traits du personnage, à moins qu'il ne s'agisse du père de Falloux.



















Félix Barthe (1795-1863)
député de la Seine, ministre de l'Instruction publique, garde des Sceaux, sénateur

L'important personnage

Arrivé de Toulouse à Paris il se fit connaître en faisant traduire en conseil de guerre le coupable du meurtre de l'étudiant Lallemand, abattu devant le Palais Bourbon au cours d'une rixe provoquée par la discussion d'un projet de loi. En 1827 il fut membre de la société jacobine Aide toi, le ciel t'aidera. Il fut présent à la réunion des avocats libéraux chez Dupin Aîné le 26 juillet 1830 affirmant les ordonnances signées par Charles X contraires à la Charte de 1814. D'abord libéral, ministre de l'Instruction publique puis de la Justice, il réforma le code pénal accordant aux tribunaux davantage de liberté dans l'application de la peine. Mais il réprima les délits de presse. En 1834 il présenta la loi sur la censure et les associations politiques. Les petits journaux prétendaient que son strabisme permettait de surveiller à la fois les carlistes et les républicains. La Caricature du 18 juillet 1833 en fait le portrait suivant : « A ces yeux louches, à ce sourire faux, à cette tournure épaisse, à cette figure outrecuidante, vous devinez que ce ministre est Barthe. Il n'y a guère qu'à l'administration de la justice en France, que vous auriez de la peine à reconnaître l'ex-carbonaro de la Restauration ; mais que voulez-vous ? C'est comme ça que la monarchie les aime. »
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Jacques Lefebvre

 

Jean Pelet de la Lozére




 
 " Notre temps n'est pas celui où Daumier passerait six mois en prison pour la caricature de Louis Philippe en Gargantua (qui était aussi souvent représenté sous la forme d'une poire). La prison politique, sous la monarchie de Juillet, n'était pas d'ailleurs une condition de forçat. Mais la plus grande différence qu'il y ait entre notre régime politique et ceux sous lesquels vécut Daumier, est bien plus grave, si on y réfléchit. Notre époque peut tout caricaturer, tout tourner en dérision sans que le pouvoir s'en émeuve. Au contraire, il applaudit. La raison en est simple.
 Au temps de Daumier, la politique n'aimait pas trop qu'on se mêle de ses affaires et ne prisait pas la publicité. On voit qu'à notre époque c'est, bien sûr, tout le contraire ! Peu importe ce que l'on dit de vous , l'essentiel est que l'on ne vous oublie pas. "


Propos extraits de l'article d' Alain Calonne ; Honoré Daumier dans le ventre législatif (à l'occasion d'une exposition au Palais Bourbon : Daumier et les parlementaires); Valeurs de l'art, Nov-déc 1996
 
Daumier passait par le volume avant de produire sur le papier les caricatures des politiques de son temps ; il modelait donc ses personnages de mémoire lorsqu'il revenait de l'Assemblée Nationale. Baudelaire célébra cette "mémoire quasi divine qui lui tient lieu de modèle". Et Balzac, qui collaborait dans le même journal qu'Honoré Daumier, s'exclama : " Ce gaillard-là a du Michel -Ange dans la peau ".
Après la mort de l'artiste, les bustes furent abandonnés dans la cour de sa maison de Valmondois et vendus à vil prix. 
Crédit photographique et texte individualisé:
 
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/bustes-daumier-1.asp#photo3






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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 21:50
                         Boronali ou Aliboron !




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"Coucher de soleil sur l’Adriatique".
 
 
Entrée solennelle d’un âne dans l’Histoire de l’Art
[Extrait de Théorie du Bordel Ambiant, de
Roland Moreno, Belfond, 1990]

Une espèce de démonstration par le ridicule [en] a été administrée par Roland Dorgelès, en un admirable canular monté il y a plus d’un siècle :
Le Festival d’automne de 1905 ayant fait connaître les premiers fauvistes (Matisse, Vlaminck, Marquet, Derain), certains commentaires plus désagréables que d’autres avaient pu être entendus : “barbouillages informes… jeux barbares… aberrations picturales… mauvaises plaisanteries… débauche orgiaque de couleurs, cauchemar, mystification”, et d’autres encore.
À un aubergiste de ses voisins, Dorgelès emprunta son âne. Et, à la queue de celui-ci, il fixa un pinceau.
Puis, dans le jardin montmartrois du farceur, commodément installé devant une table chargée de carottes, d’épinards, de cigarettes, et, en présence d’un huissier, l’animal commença à se gorger de friandises et à remuer sa queue. Celle-ci frottait au passage contre une toile disposée par Dorgelès sur une chaise, à bonne hauteur. Toutes les dix minutes, le pinceau frotteur était autoritairement trempé dans un pot de couleur  différente.
Une fois le résultat jugé satisfaisant, Dorgelès et ses copains lui attribuèrent une signature (“Boronali ”) et un titre : "Coucher de soleil sur l’Adriatique", avant de courir l’exposer au Salon des indépendants.
Le style “excessif” de Boronali y fit l’objet de certaines critiques (en raison de la personnalité hypertrophiée qu’il semblait refléter) mais le tableau trouva preneur, pour 400 francs .
Boronali est un peu comme ce que l’on [souvenez-vous] disait de Mai 68 : rien n’aura jamais plus été comme avant dans le monde de l’Art après ce canular historique.
Toute la problématique de la création artistique se trouve en effet ramenée, grâce à Boronali, dans le champ de l’incertitude. Cet âne prouve à lui seul, que dans le domaine de l’art, l’incertitude — quelle qu’en soit la proportion — suffit à provoquer un désordre total.
Hypothèse (démonstrative et scientifique) : le Coucher de soleil est présenté à un expert ignorant le style (et surtout le nom) de Boronali. S’agit-il d’un jeune peintre albanais, très célèbre dans son pays (genre de Picasso à ses débuts), ou bien est-ce un âne à la queue duquel on a accroché un pinceau ? Pas besoin de réfléchir longtemps pour comprendre que l’expert ne dispose évidemment de rien pour trancher.
Variante : deux toiles seraient soumises à un expert étranger qui ne connaît pas Coucher de soleil, cette fois faussement signé de Soulages , et à un autre Boronali (pourquoi pas un Lever de soleil ?) attribué à un confrère du même Soulages : l’expert est encore incapable de se déterminer.
Une seule dose de désordre suffit donc à créer 100% d’incertitude .
 
 
 
http://www.infotechart.com/content/view/331/53/





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