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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 21:24

 

Pierre Etaix

Pierre Etaix construit essentiellement sa carrière autour du comique. 
Il s’établit à
Paris où il vit d’illustration tout en se produisant dans les cabarets et music-halls, ainsi qu’au cirque avec le clown Nino. Il rencontre Jacques Tati en 1954 pour lequel il travaille durant 4 ans comme dessinateur et gagman à la préparation de son film "Mon oncle", puis comme assistant-réalisateur sur le tournage. Il se produit avec son numéro de music-hall, en 1960, dans le spectacle de J. Tati Jour de fête à l’Olympia.
 
En 1961, il vient au cinéma en réalisant deux courts métrages Rupture (Prix FIPRESCI à Mannheim 1961)
et Heureux anniversaire (Oscar à Hollywood 1963) qu’il cosigne avec Jean-Claude Carrière. Entre 1963 et 1970, il réalise cinq longsmétrages:
 
Le soupirant (Prix LOUIS DELLUC 1963, Prix du Film Comique Moscou 1963), 
 Yoyo (Grand Prix OCIC Festival International de Venise 1965), 
 Tant qu’on a la santé (Sirène d’argent au Festival International de Sorrente),
 
Le grand Amour (Grand Prix du Cinéma Français) et Pays de Cocagne.
 

Auteur et interprète du spectacle A quoi on joue en 1972 au théâtre Hébertot , il reçoit le prix de la Société des Auteurs. S’en suit alors une tournée en province. Puis, il reprend son métier de clown. Après une tournée avec le cirque Pinder, il prend la décision de fonder,en 1973, l’Ecole Nationale de Cirque avec sa femme Annie Fratellini. Ils produisent leur duo clownesque sous leur propre chapiteau.

Auteur de nombreux ouvrages dontLe carton à Chapeaux, Dactylographismes, Stars, Système et Croquis de Jerry Lewis, il signe en 1982 sa première pièce de théâtre L’Age de Monsieur est avancé dont il réalise, en 1987, une adaptation télévisuelle et interprète le rôle principal avec, pour partenaires, Nicole Calfan et Jean Carmet.

Il réalise, en 1989, le premier film de fiction en format OmnimaxJ’écris dans l’espace. Il a collaboré à la sortie en DVD de l’intégrale des courts-métrages de Buster Keaton : « L’art de Buster Keaton ». Il a récemment fait paraître les ouvrages : Les hommes de…, Criticons la caméra, Il faut appeler un clown un clown, Karabistouilles, ETAIX Pierre qui roule ménage sa monture
et Le clown et le savant avec le mathématicien Claude de Calan.




undefined Privés d'Etaix

Comme Jerry Lewis, l’ami de toujours, nous sommes nombreux à admirer l’œuvre de Pierre Etaix et plus nombreux encore à déplorer la totale disparition de ses films du « grand » et du « petit » écran.

Les films de Pierre Etaix ne sont plus diffusés ; pourquoi?

Tout simplement parce que les cinq longs-métrages de Pierre Etaix, co-écrits avec son ami Jean-Claude Carrière, sont aujourd’hui en « hibernation forcée ». Aucun projecteur ne doit réchauffer  LE GRAND AMOUR , réveiller la silhouette de YOYO ou du SOUPIRANT sous peine de poursuites… Pas des poursuites à la Buster Keaton qui finissent plutôt bien, mais des poursuites judiciaires qui, trop souvent, finissent mal.

Donc, impossible pour un programmateur, même obstiné, de programmer un film d’Etaix ; impossible pour un diffuseur de le diffuser, pour une salle de l’accueillir (même gratuitement). Les films sont « au placard » ; leurs auteurs dépossédés du droit de les montrer, les spectateurs privés du plaisir de les revoir ou de les découvrir.

Si, comme nous, vous trouvez cette situation choquante ; injuste pour les auteurs, méprisante pour leurs oeuvres; vous pouvez agir

  • en signant la pétition pour la ressortie des films de Pierre Etaix soutien

 

 

 

Plus nous serons nombreux à nous mobiliser pour la ressortie des films de Pierre Etaix, plus vite nous aurons le plaisir de nous promener à nouveau dans son univers poético-burlesque, tout simplement!

 



 




 


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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 21:21

Quelques  facettes d' Auguste RODIN.
Les Bourgeois de Calais
Le Penseur
La Porte de l'Enfer
Les dessins "érotiques"

 

 

                   Vidéo d'après un film de 1914.

                             Commentaires de Sacha Guitry (1957?), en fin d'article.







François-Auguste-René Rodin (Auguste Rodin)

Naissance : Paris, 1840 - Décès : Meudon-la-Forêt, 1917



 

Auguste Rodin, né le 12 novembre 1840 dans une famille modeste, aura une influence profonde sur la sculpture du XXème siècle. Admis à l'école spéciale de dessin et de mathématiques, dite "la Petite École" à l'âge de quatorze ans, il suivra les cours de Lecoq de Boisbaudran et du peintre Belloc et découvrira la sculpture l'année suivante.

Ayant échoué à trois reprises au concours d'entrée à l'Ecole des Beaux-arts, Rodin travaillera comme maçon chez plusieurs décorateurs et ornemanistes. Il entrera chez les Pères du Très-Saint-Sacrement en 1862 - après le décès de sa sœur Maria - qu'il quittera sur les conseils du père supérieur qui l'encouragera à poursuivre dans la voie artistique. Rodin collaborera avec Carrier-Belleuse en 1864, année au cours de laquelle il rencontrera Rose Beuret, une ouvrière couturière âgée de vingt ans qui lui servira de modèle et deviendra sa maîtresse. Camille Claudel naîtra la même année et Auguste-Eugène Beuret, fils naturel du sculpteur, en 1866.

Rodin accompagnera Van Rasbourgh à Bruxelles en 1870, sera mobilisé comme caporal dans la Garde Nationale à son retour à Paris, puis sera réformé pour sa myopie. Il retrouvera Carrier-Belleuse en Belgique, avec lequel il collaborera jusqu'en 1872. Associé par contrat au sculpteur belge Antoine-Joseph Van Rasbourgh en 1873, Rodin participera au décor du Palais des Académies à Bruxelles, peindra une série de paysages de la forêt de Soignes et réalisera des lithographies destinées au journal satirique Le Petit Comique.

Il étudiera Michel-Ange en Italie en 1875, puis exposera l'Age d'airain au Cercle artistique et littéraire de Bruxelles et au Salon des Artistes français de Paris en 1877. Il sera alors accusé d'avoir moulé sa figure sur nature.

Rodin quittera la Belgique, avec Rose, et entreprendra sa première grande tournée des cathédrales du centre de la France avant d'intégrer la Manufacture de Sèvres jusqu'en décembre 1882. Il occupera en 1880 son premier atelier du dépôt des marbres, au 182 rue de l'Université, qu'il gardera jusqu'à sa mort. L'Etat français lui achètera l'Age d'airain et commandera une porte pour le futur musée des Arts Décoratifs. Il y travaillera jusqu'à la fin de sa vie sans la livrer. (voir vidéo en fin d'article)


Les Bourgeois de Calais.



Rodin, qui vendra à l'Etat une épreuve de son Saint Jean-Baptiste en bronze en 1881, apprendra la gravure à Londres, auprès d'Alphonse Legros. Il exécutera les figures d'Adam, d'Eve et du Penseur l'année suivante et fera la connaissance de Camille Claudel, alors âgée de 19 ans, en 1883. La municipalité de Calais lui commandera un monument commémoratif à Eustache de Saint Pierre, qui deviendra le Monument aux Bourgeois de Calais et sera inauguré en 1895 en présence de Rodin.






(Le succès de la Porte et les nombreux contacts mondains de Rodin finissent par porter fruit et de nouveaux contrats lui sont ainsi de plus en plus proposés. De plus, il existe, à l'époque où Rodin travaille à sa Porte, une véritable statuomanie, de sorte que bien des villes se cherchent un écrivain, un savant, un héros à honorer. Le jeune maire de Calais, Oscar Dewavrin a pour sa part décidé d'ériger un monument à la mémoire des six Bourgeois qui s'étaient livrés en otage lors de la guerre de cent ans. Leur histoire est racontée dans les Chroniques de Froissart.
1913.

En 1347, le roi de France, Philippe VI est obligé de céder le port de Calais aux anglais qui l'assiègent. Le roi d'angleterre, Édouard III, est déterminé à affamer les citoyens de la ville pour se venger des torts subis par les anglais lors du siège. Il accepte cependant d'épargner la ville à condition que six des principaux notables, tête et pieds nus, vêtus de simples bures et la corde au cou, lui livrent les clefs de la ville. Il veut évidemment faire un exemple. La reine « qui estoit durement enchainte », comme le dit Froissart, obtiendra cependant la libération des otages, après les avoir  invités à dîner.

Pour l'exécution de la statue, le maire Dewavrin prend conseil auprès de calaisiens qui proposent Rodin. Ce dernier a lu les Chroniques qui lui ont fait « voir » les otages et qui l'ont convaincu de représenter non pas un seul personnage, comme le veut au départ la commande, mais tous les six.

Il choisit le moment où les six otages décident de partir, en les montrant côte à côte, dans l'ordre du degré de courage et d'héroisme de chacun, vulnérables et contraints à la reddition. La présentation se veut réaliste et sobre.

La première maquette, haute de 35 cm séduit les membres du comité chargé de choisir le sculpteur qui sont impressionnés par l'originalité de la présentation. On accorde le contrat de 35000 francs à Rodin en janvier '85, la sculpture doit être livrée en 1886. On lui demande alors de préparer dans les plus brefs délais une maquette au tiers de la dimension finale qui ne doit pas être inférieure à deux mètres. Encore une fois, le comité et l'artiste n'ont pas la même perception « des plus brefs délais » et Rodin prend six mois pour préparer la maquette au tiers.

Présentée en juillet, elle est loin de plaire. Le sculpteur n'a pas jugé bon d'exécuter dans le détail tous les plis des vêtements, il trouve l'esquisse plus expressive et plus proche de son idée qu'un rendu dépourvu d'expression. Selon lui, il est inutile de dépenser 300 francs pour nettoyer de-ci, de là, dans le seul but de plaire au public. Le principal est fait, c'est-à-dire les personnages nus (dessous), et il est inutile de soigner les drapés de la maquette qui seront forcément différents sur la sculpture finale, les plis ne tombant jamais au même endroit d'une fois à l'autre.

C'est trop demander au comité composé du président de la chambre de commerce et de la chorale municipale, de deux fabricants de dentelle, de deux armateurs, de l'architecte de la ville et du banquier chargé de gérer le budget du monument. Le public est pour sa part outragé et dans Le Patriote, journal municipal, on se moque des six ridicules messieurs en chemise : « Si votre douleur est si grande, si vous regrettez à ce point votre dévouement, que n'êtes-vous pas restés chez-vous ? »

On trouve que l'ensemble manque de fini. On lui reproche ses costumes, qui ne sont pas d'époque. Ce n'est pas ainsi qu'on se représentait les héros. On aimerait par ailleurs une composition plus grandiose, en pyramide, suivant le goût du jour plus conventionnel. La décision du comité est claire : pas de changements de la part de l'artiste, pas d'argent. On lui suggère de revenir à un seul personnage. Rodin proteste : la présentation de la maquette au tiers n'a pas pour but de recommencer la consultation pour refaire une nouvelle sculpture.

Selon lui, retrancher quoi que ce soit équivaut à tout recommencer,
« une harmonie dérangée en sculpture en appelle une autre. »

« Quand un bon sculpteur modèle une statue, quelle qu'elle soit, il faut d'abord qu'il conçoive fortement le mouvement général; il faut, ensuite, que jusqu'à la fin de sa tâche, il maintienne énergiquement dans la pleine lumière de sa conscience son idée d'ensemble, pour y ramener sans cesse et y relier étroitement les moindres détails de son oeuvre. Et cela ne va pas sans un rude effort de pensée. »

Par ailleurs, il a besoin de l'ensemble des personnages, chacun avec son expression, pour raconter instantanément une histoire globale.

« La littérature développe des histoires, qui ont un commencement, un milieu, et une fin. Elle enchaîne divers événements dont elle tire une conclusion. Elle fait agir des personnages et montre les conséquences de leur conduite. ... Il n'en va pas de même pour les arts de la forme. Ils ne réprésentent jamais qu'une seule phase d'une action. »


Malgré ses protestations, Rodin va quand même effectuer certains changements notamment dans la base et dans les gestes des personnages. Il est vrai, cependant que ces modifications viennent de lui, on sait qu'il ne cesse d'en faire dans tous les travaux qu'il entreprend. Il n'accepte simplement pas les changements que veulent lui imposer un public ou un jury ignorants. En fait, Rodin apporte sans cesse des transformations à ses personnages, et finit par amadouer le comité comme l'atteste un paiement de 500 francs en octobre 1886. Puis, le banquier chargé du projet fait faillite et l'affaire est suspendue.

Cependant Rodin travaille aux personnages grandeur nature. Selon son habitude, il travaille en combinant différents morceaux ensemble. On peut par exemple apercevoir la même tête à peine transformée sur plus d'un personnage. Trois de ses Bourgeois sont présentés à la galerie Georges Petit, à Paris en 1887. L'exposition remporte un succès considérable dont Rodin se sert pour réactiver le projet et recevoir un peu d'argent de la ville de Calais.

Ce n'est malheureusement qu'en 1894, grâce à une loterie de 45000 billets à 1 franc chacun, et à une subvention de 5300 francs du ministère des beaux-arts, que le projet est ravivé.

Rodin voit ses Bourgeois de Calais coulés en bronze et assiste à l'inauguration à Calais en 1895, dix ans après le début des travaux. C'est, à 55 ans, son premier succès public et il recoit à l'occasion la Légion d'honneur.

Il aurait souhaité une installation au ras du sol, pour faire participer le public à sa sculpture. On la place cependant sur un piédestal entouré d'une grille qui gène la vue d'ensemble. On installe aussi une pissoire, au désespoir du sculpteur.

Pendant la première guerre mondiale, un des personnages reçoit un obus dans une jambe et les Bourgeois sont descendus dans la cave de l'hôtel de ville. Replacée après la guerre, la sculpture est enfin transférée au ras du sol, selon les désirs de Rodin.


http://www.richardstemarie.net/rodin/bourgeois2.html



















Pierre  de Wissant habillé.
(Un des bourgeois de Calais)








 














L'année 1886, marquée par la commande des monuments à Vicuna Mackenna et au général Lynch à Santiago du Chili, sera également celle du Baiser commandé par l'Etat pour l'Exposition Universelle de 1889. Rodin illustrera l'exemplaire des Fleurs du Mal de Baudelaire appartenant à Gallimard en 1887.

Membre fondateur de la Société nationale des Beaux-arts, le sculpteur obtiendra la commande, en 1889, du Monument à Victor Hugo pour le Panthéon et du monument à Claude Lorrain qui sera inauguré à Nancy en 1892. Son Victor Hugo assis, refusé en 1890, donnera naissance à une statue debout l'année suivante. La Société des Gens de Lettres lui commandera alors un Monument à Balzac.


Rodin, succédant à Dalou en 1893 au poste de Président de la section sculpture et vice-président de la Société Nationale des Beaux-Arts, engagera Bourdelle comme praticien. Il rencontrera Cézanne chez Monet à Giverny en 1894 et recevra la même année la commande du Monument à Sarmiento destiné à Buenos-Aires, qui sera inauguré en 1900.

La rupture avec Camille Claudel interviendra en 1898. Elle est alors âgée de 34 ans. La Société des gens de lettres refusera le Balzac en plâtre présenté au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts. La commande d'un Monument à Puvis de Chavannes interviendra en 1899, année qui sera marquée par la première exposition monographique à Bruxelles puis à Rotterdam, Amsterdam et La Haye. La  grande Eve sera exposée au Salon de la Nationale.   

Le Pavillon Rodin, place de l'Alma à Paris, sera inauguré à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1900. Démonté et reconstruit à Meudon l'année suivante, il servira d'atelier à l'artiste jusqu'à sa mort. Le poète Rainer Maria Rilke (1875-1926) sera le secrétaire du sculpteur du 15 septembre 1905 au 12 mai 1906. Rodin deviendra l'amant de la duchesse de Choiseul en 1904, avant de la quitter en 1912. La peintre et femme de lettres britannique Gwendolen Mary John (1876-1939), sœur du peintre Auguste John, sera également la maîtresse du sculpteur en 1904, et lui servira de modèle pour la Muse Whistler. Le Penseur sera placé devant le Panthéon en 1906.

Rodin exécutera une série d'aquarelles d'après les danseuses cambodgiennes à l'Exposition coloniale de Marseille de 1906 et y rencontrera la danseuse japonaise Hanako (1868-1945) qui posera pour lui en 1907 pour la première fois. Le grand modèle de l'Homme qui marche sera exposé au Salon de la Nationale cette même année.

Rodin s'installera à l'hôtel Biron, qui deviendra le Musée Rodin, en 1908. L'année 1911 sera marquée par la participation de l'artiste à l'Exposition royale des Beaux-Arts à Berlin et la commande par L'Etat d'un Buste de Puvis de Chavannes pour le Panthéon.

Le Bourgeois de Calais acheté par l'Angleterre pour les jardins de Westminster, sera placé devant le Parlement et l'Homme qui marche installé au palais Farnèse (ambassade de France) à Rome. La salle consacrée à Rodin au Metropolitan Museum de New York sera inaugurée en 1912. Camille Claudel sera internée l'année suivante.

Rodin tombera gravement malade en 1916. Il fera trois donations successives (1er avril, 13 septembre, 25 octobre) de ses collections à l'État. La Chambre des Députés puis le Sénat voteront l'établissement du musée Rodin à l'Hôtel Biron. Rodin y recevra une commande pour un monument à la mémoire des combattants de Verdun. Il épousera Rose Beuret le 29 janvier 1917 à Meudon. Celle-ci décédera le 14 février et Rodin le 17 novembre. Il sera enterré le 24 novembre - également à Meudon - à côté de Rose et à l'ombre de son Penseur. Le musée Rodin ouvrira ses portes au public le 4 août 1919.

 


Source : Insecula

 

 

Le Penseur
 

Comme bon nombre d'œuvres d'art, le Penseur n'est pas devenu ce qu'il était censé devenir à sa réalisation : la partie centrale du Linteau de la Porte de l'Enfer, œuvre inachevée et inspirée de l'Enfer de Dante qui devait être une porte monumentale d'un musée d'art décoratif. Une œuvre qui aurait dû rassembler un riche ensemble de statues qui n'existeront jamais ensemble mais séparément (Fugit Amor, Le Baiser ou encore Francesca).
Le Penseur, débuté autour de 1880-1882 et qui était nommé par Rodin "Dante" ou le "Poète", devait donc être placé au dessus d'une série de condamnés sculptés en bas relief, en méditation sur leur sort, d'où la position de la statue. Un bref regard suffit à comprendre l'importance de cette méditation où le personnage semble être imperturbable et perdu dans les profondeurs de son âme.

Ce rapport à l'âme est ici l'essentiel du travail de Rodin. Pourtant pleine d'une force et d'une puissance retenue, mise en valeur par le travail de la musculature, la statue ne donne à la force physique que l'image de l'apparence extérieure. La véritable force existe davantage à travers l'évocation d'une puissance intérieure, comme l'expression des tourments de l'âme, des angoisses humaines.

La première exposition de l'œuvre en France en 1904 provoque le mépris ou l'amusement d'un partie du public et de la presse. En réaction est lancée une souscription pour couler la statue et une version définitive, plus grande, est offerte à la mairie de Paris en 1906: il s'agit de celle qui est aujourd'hui dans les jardins de l'hôtel Biron à Paris, à savoir le musée Rodin depuis 1919.








La Porte de l'Enfer.

(Le penseur est au centre du fronton.)




Porte en bronze




Porte en plâtre




Porte de l'Enfer (détail - bas de la porte gauche avec représentation d'Ugolin).





http://www.clioetcalliope.com/oeuvres/sculpture/rodin/rodin.htm




























«L'art, c'est la plus sublime mission de l'homme, puisque c'est l'exercice de la pensée qui cherche à comprendre le monde et à le faire comprendre.»
[ Auguste Rodin ]

«Un art qui a de la vie ne reproduit pas le passé ; il le continue.»
[ Auguste Rodin ]

«Quand un bon sculpteur modèle des corps humains, il ne représente pas seulement la musculature, mais aussi la vie qui les réchauffe.»
[ Auguste Rodin ] - Cité dans Art game book

«Les compliments sont des bonbons dont les femmes raffolent toute leur vie ; jeunes, pour les croquer à pleines dents ; vieilles, pour les faire fondre doucement entre leurs dents.»
[ Auguste Rodin ]

«Il n'y a point de recette pour embellir la nature. Il ne s'agit que de voir.»
[ Auguste Rodin ] - Extrait d' L'Art

«Il n'y a réellement ni beau style, ni beau dessin, ni belle couleur : il n'y a qu'une seule beauté, celle de la vérité qui se révèle.»
[ Auguste Rodin ] - Propos recueillis par Paul Gsell

evene.fr



Les dessins "érotiques"

 

 

On en parlait, on savait qu'ils étaient là, quelque part, on en avait vu certains, ici ou là, mais il était difficile d'imaginer qu'ils étaient groupés en masse offensive, harmonique, formant une percée sans équivalent dans la représentation des corps.
Les voici donc, ces dessins [...] A quoi pense le Penseur ? A ça. Que contemple, enfermé en lui-même et rejeté en arrière, le Balzac ? Ca. Sur quoi ouvre la Porte de l'Enfer ? Sur ça. A quoi rêve Hugo sans pouvoir le dire ? A ça. D'où sortent tant de bustes, de mains, de jambes et de gestes, de visages tendus, de couples musculeux, de demi-dieux ou déesses emportées ? De ça. De ces femmes uniques, au pluriel nu, en situation extrême. Découvrant en mouvement leur sexe, le désignant et le profilant, l'imposant de face, Méduse enfin affrontée et vaincue par au moins un explorateur ou criminel de fond, encore un Français comme par hasard, concentré, obstiné, au milieu de la régression générale, atelier réservé, convenances dehors, en pleine action dedans, on ne pourra évidemment montrer le résultat que beaucoup plus tard.

[...]

Une bacchante, une courtisane, une coquille, une araignée, une constellation, une Danaé, - et puis Satan, le Diable en personne. Avec sa vibration et son fouet. Il y a un tremblement, un tressautement, des étincelles, un courant de possession furieux et pourtant serein. Assises, allongées, emboîtées, elles tournent. Rodin, jupitérien sous forme d'une pluie d'ondes, les pénètre de toutes parts, ces mortelles ou demi-mortelles, il se situe exactement à l'intersection de leur jouissance et du trait. [...]
S'il fallait en choisir une, ce serait le numéro 6187.
En regardant, j'écoute L'Enlèvement au sérail, de Mozart.

Philippe Sollers, Rodin, dessins érotiques, avec Alain Kirili, Gallimard, 1987

 

 

 

Qu'y a-t-il sur vos murs ? 

Presque rien. Un dessin de Rodin, un petit nu ; un magnifique rouleau que j'ai trouvé dans un coin à Pékin - de la calligraphie. Elle représente mon idéal, le paysage avec l'écriture, le tableau en même temps que le poème. C'est magnifique de ne pas accepter la dislocation entre d'un côté ce qu'il y a à voir et de l'autre ce qu'il y a à dire. C'est la même chose.

Propos recueillis par Pierre Assouline

Extrait de "Le jardin secret de Philippe Sollers"

 

http://www.pileface.com/sollers/article.php3?id_article=466

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vidéo  "La Porte de l'Enfer"




 

 

 

 

 

 

 

Vidéo (Extraits de la vidéo 1914 - Dailymotion)

Auguste Rodin. Commentaires de Sacha Guitry !



Auguste RODIN from YAG on Vimeo.

 

 

 

 

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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 21:19
                 Michel Granger l'universel 
 

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Né à Roanne, ville de textile, le 13 octobre 1946, Michel Granger relève avec un sourire qu’il a pour seul diplôme un CAP de régleur de métier à tisser lorsqu’il entre aux Beaux-Arts de Lyon sur concours pour en sortir diplômé en 1968. Père de deux garçons de 16 et 23 ans, il vit et travaille à Paris depuis 1969… quand des voyages réguliers ne le conduisent pas aux Etats-Unis, à New York, au Japon ou en Colombie, pays qu’il affectionne tout particulièrement.

Il se souvient de son “premier travail, à Roanne, où j’ai eu la chance de rentrer dans une fabrique de meubles comme designer. J’ai dessiné des canapés, des sièges durant une petite année avant de partir au service militaire et de me faire réformer”. Puis Michel Granger peint quelques mois et décide donc de “monter” à Paris où il se liera plus tard d’amitié avec le commandant Cousteau et Robert Doisneau. Si la photo n’est pas son métier, elle le fascine.

Il enchaîne les “petits boulots” et, très vite, se fait de nouveau recru­ter par une fabrique de meubles. Il travaille avec des architectes sur des meu­bles de cuisine. Il mène de concert, dès 1972, une carrière de dessinateur de presse, chez Bayard Presse pour commencer.

Peu de temps après, il se rend au journal Pilote et propose des dessins à René Goscinny, qui lui met le pied à l’étrier en acceptant de publier quelques pleines pages en couleurs. Et là tout s’enchaîne dans une espèce de tourbillon d’où la chance n’est pas absente mais qu’avec le recul Michel Granger perçoit seulement aujourd’hui. Les médias se l’arrachent. La télévision d’abord. Christian Bernadac le recrute : de 1975 à 1985, ses œuvres illustrent les informations des trois journaux quotidiens de la 1re chaîne nationale présentés par Yves Mourousi, et Roger Gicquel. Journaux quoti­diens ou hebdomadaires accueillent ses créations, en France (le Matin, Le Progrès, Le Point, L’Express, Paris Match, Le Nouvel Observateur etc.) et à l’étranger (Der Spiegel, New York Times - avec Jerelle Kraus, la direc­trice artistique, toujours fidèle au poste -, L’Espresso, etc.).

En 1977, la galerie Marquet, à Paris, organise une exposition des œuvres de celui qui “fait de la peinture pour traverser la vie”, point de départ d’une formidable carrière internationale qui le conduit à exposer dans le monde entier depuis plus de trente ans, en France, bien sûr, aux Etats-Unis, au Canada, en Belgique ou au Japon. Ses sources principales d’inspiration ? La Terre. La Terre menacée, la Terre qu’il faut défendre et préserver, la Terre source d’espoir.

Autre temps fort de sa carrière, sa rencontre avec Jean-Michel Jarre, pour qui il crée les pochettes de ses succès planétaires : Oxygène (1976), Basket (1977), Equinoxe (1978), Rendez-vous (1986), Chronologie (1993) et Oxygène 7-13 (1996).

De nombreux organismes caritatifs (comme l’UNICEF, l’UNESCO) et d’ONG (Reporters sans frontières, Amnesty International, etc.) font appel à son talent.
Michel Granger, artiste “polymorphe” au faux air de Pierrot lunaire derrière ses lunettes ovales, est l’auteur de nombreuses affiches, de sculp­tures, de cartes postales, de livres, de couvertures de livres, de pochettes de disques et de CD, de logos - comme celui de la mission “PHV” du vol dans l’espace franco-soviétique Cnes-Intercosmos Soyouz/Saliout 7, avec Jean-Loup Chrétien, premier Français dans l’espace en 1982 - et de timbres-poste !…

Le timbre-poste, petit média, messager de quelques centimètres carrés, mais bénéficiant d’une diffusion extraordinaire, s’affranchissant de toute censure, de toute frontière, tiré à des millions d’exemplaires. Un symbole fort de l’universalité de l’art de Michel Granger, dont les timbres les plus récents sont parus en 2004 : sur la sécurité routière, en avril, en France et aux Nations Unies et, en septembre, aux Nations Unies seulement cette fois, sur le thème de l’enfance et où l’artiste oppose le savoir et l’éducation aux armes, à travers une vignette intitulée “Books not guns” (“Des livres pas des fusils”).

Aujourd’hui, Michel Granger se lance dans une nouvelle thématique qu’il portait en lui depuis une dizaine d’années - dans ce qu’il nomme “les écorchures” - dont témoigne pour une part cet ouvrage. Ces “écorchures”, sur le thème de la ville, qui renvoie surtout à New York, illustrent une espèce de contradiction à laquelle Michel Granger reste attaché. Ce dernier explique : “Je fais une toile très précise, à partir de laquelle je recrée une autre peinture, très pensée mais qui reste aléatoire. Cela ne marche pas à tous les coups ! Ce n’est pas un système de travail, une recette.”
L’art de Michel Granger évolue vers une œuvre “plus picturale”. Il n’y a rien de gratuit dans sa démarche : “Les écorchures sont un vrai travail de matière, explique-t-il. Je ne fais une image que s’il y a du contenu. La finalité de la peinture justifie les moyens mis en œuvre”.

Une petite explication technique est nécessaire : Michel Granger ne déroge pas à ses habitudes. Il peint à l’acrylique, sur un papier très épais (680 grammes), marouflé sur toiles, certaines de grand format. La technique mixte à laquelle il a recourt lui permet ensuite un “arrachage au couteau - très coupant, le couteau -, fragment par fragment, centimètre par centimètre, pour donner cette impression d’éphémère, d’urbain, pour montrer que tout se détruit et se reconstitue”. Par cet “effeuillage”, Michel Granger s’investit dans une peinture tridimensionnelle, à laquelle il associe des photographies - un élément nouveau qui distingue ce dernier livre des pré­cédents -, “des documents”, précise-t-il, qui constituent un outil essentiel dans le processus de création de l’artiste. “Les photographies peuvent aussi répondre à l’œuvre, dans une présentation qui fonctionne par double pages, en diptyques. Elle sont en contrepoint, elles peuvent constituer une clef de lecture, comme le titre de l’œuvre…”.
 
Pierre Julien,
journaliste au Monde, septembre 2004.


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Une de mes grandes préoccupations, alors que j’étais Secrétaire général de l’ONU, c’était de mieux faire connaître cette Organisation Internationale au grand public.

Très vite, je me suis aperçu, avec mes spécialistes de la Communication du Département de l’Information Publique, qu’un bon dessin valait souvent de grands discours.
Nous y avons alors développé une nouvelle politique d’affiches, de publications et de brochures qui sont venues s’ajouter au rôle essentiel de la radio et de l’image, deux domaines qui, depuis longtemps, ont fait beaucoup pour notre vision mondiale.

En feuilletant les archives des images conçues par bon nombre d’artistes qui ont travaillé pour l’ONU et pour ses Agences spécialisées comme l’UNICEF, le PNUD, l’OMS et bien d’autres, j’ai retrouvé des chefs-d’oeuvre qui ont à jamais marqué l’esprit du public. Certaines de ces réalisations étaient signées par Michel Granger : par exemple, Lutte pour l’Indépendance de la Namibie, Désarmement, Lutte contre l’Apartheid et le SIDA, affiche pour la Palestine.

Du plus grand format de posters, visibles dans les réunions internationales, aux minuscules timbres-poste du service postal de l’ONU ! J’y ai retrouvé la griffe universelle d’un des artistes les plus étonnants qui ont bien voulu donner de leur temps, de leur talent et de leur imagination au service des hommes, de tous les hommes, comme l’exigeait notre ligne de conduite. Je me suis pris à poster mes lettres avec les timbres des séries “Bannir l’arme chimique, La Sécurité Routière, Des livres, pas des armes”, et je suis ravi de voir que les images de ces timbres figurent dans ce livre.

Dans ce livre, j’ai aussi trouvé beaucoup de peintures qui reflètent ce caractère global perceptible par bien des peuples, bien des sociétés et bien des civilisations. La peinture est un art qui touche directement le coeur des gens, et qui, maniée par les doigts experts de Michel Granger, rapproche toutes les couches du public sans avoir besoin de mots superflus tant son caractère est universel.

En vous souhaitant une bonne lecture de cet ouvrage passionnant, permettez-moi, au nom de toutes nos organisations internationales, en commençant par l’ONU et l’Union Africaine, d’exprimer ma reconnaissance à Michel Granger. Il a su trouver non seulement le mot juste, mais surtout le ton juste, la sensibilité juste et ce grain d’universalité dont nous avons tous bénéficié, et avec nous, toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté.
Son excellence Monsieur Boutros Boutros-Ghali
Ancien Secrétaire général des Nations Unies






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"Abri" écorchure





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,
Michel Granger est un délinquant
.
Cela se voit au premier coup d'oeil avec sa coiffure d'évadé de maison de correction, il fait partie de ces individus spécialement étudiés pour agacer mes gens sérieux.

Voilà un garçon qui se fait un malin plaisir de détourner mes objets de leurs attributions fonctionnelles.

Cela peut paraître un divertissement innocent, mais je vous le demande, dans quelle entreprise pourrait-on tolérer la présence d'un magasinier uniquement inspiré par le pouvoir évocateur des formes ? Pour qui le tube de comprimés viendrait libérer une constellation et qui ne verrait dans une carte géographique que la ramification d'un système veineux.

C'est alors une invitation au jeu, au rêve, donc au temps perdu. Semeur de désordre. Granger Michel, je le répète, est un délinquant, encore mineur mais engagé dans la voie dangereuse qui mène à bousculer l'ordre établi.
Robert Doisneau,
photographe, juin 1993.


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Vous êtes bien curieux



 
Granger est un manipulateur, archéologue des médias. Il fouille dans notre époque pour en retirer des images miroir, des images dérisoires, des images œuvre d'art. Entre le vide de certains mots et le toc de certaines photos, Granger se tient debout pour chroniquer notre vie, avec inspiration, tendresse et humour.
Jean Michel Jarre,
Musicien.
    
.
.

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Fontaine Hôtel de ville Roanne- Sculpture bronze   





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Son dernier ouvrage "TERRE" 2007




Merci à Michel Granger de son accord pour les emprunts faits à son site

www.granger-michel.com/





Par Yag - Publié dans : Oops
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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 21:17

 

Gustave CAILLEBOTTE

Peintre, mécène, collectionneur





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Autoportrait à la palette



                 Gustave Caillebotte, dont les oeuvres personnelles furent, jusqu'à peu, oubliées, fut à la fois un peintre reconnu et un mécène généreux du mouvement impressionniste.

Il naquit en 1848 dans une famille très aisée qui batit sa fortune dans les textiles puis dans les biens immobiliers à l'occasion du redéveloppement du Paris du Baron Haussmann.
Ingénieur de profession, mais aussi ancien élève de l'Ecole des Beaux-Arts de Paris où il fut l'élève de Léon Bonnat, il rencontra Edgar Degas, Claude Monet, et Pierre Auguste Renoir dès 1874 et les aida à organiser la 1ère exposition des Impressionnistes à Paris cette même année.

En 1873, il hérite de la grande fortune de son père et sera financièrement indépendant pour le restant de ses jours.En 1875, souhaitant faire ses débuts publics comme peintre, il soumit une oeuvre au Salon Officiel qui fut refusée, ce qui l'incita à exposer, soutenu par Renoir, dans le cadre -plus favorable- de la deuxième exposition du groupe impressionniste, en 1876. Ses oeuvres et en particulier les "Raboteurs de parquet" y furent remarquées et appréciées. Il participera dès lors aux expositions ultérieures des Impressionnistes.



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Les raboteurs de parquet.



Riche et généreux, Caillebotte aidera financièrement tout au long de sa vie ses amis impressionnistes en leur achetant leurs oeuvres à des prix élevés et en supportant les frais de leurs expositions. 

Il sera co-organisateur et co-financier des 3ième, 4ième, 5ième et 7ième expositions impressionnistes, auxquelles il participera.
En 1881, il achète une maison avec jardin au Petit-Gennevilliers où il réalisera nombre de ses oeuvres. Horticulteur émérite, il correspond avec Monet à Giverny et crée des orchidées dans ses serres.
Personnage aux facettes multiples, Caillebotte est également un régatier qui se passionne pour la vitesse et cherche à perfectionner ses bateaux. 
Architecte naval, il les dessine et les construit lui-même dans un atelier situé à l'emplacement actuel de la SNECMA. Il y créera de véritables pur-sangs du fleuve, aux multiples innovations (voile en soie, lest extérieur, coques aérodynamiques, etc.) avec lesquels il remporte de nombreux titres internationaux.
Caillebotte peignit quelque 500 oeuvres dans un style souvent plus réaliste que celui de ses amis impressionnistes. Le peintre s'illustrera particulièrement dans des vues des rues de Paris faites depuis des balcons élevés, dans des scènes de la vie ouvrière, dans des paysages naturels de jardins et parcs, et dans des scènes nautiques (sur la Seine à Argenteuil et sur l'Yerres).



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Le bassin à Argenteuil




          Son souci du détail, ses notes colorées, et son rendu de la lumière font bien de lui un grand peintre impressionniste à l'oeuvre originale et diverse.

LE LEGS FAIT A L'ETAT

         Caillebotte fera don, dans son testament rédigé en 1876, de sa collection en ces termes :

"Je donne à l'Etat les tableaux que je possède ; seulement, comme je veux que ce don soit accepté et le soit de telle façon que les tableaux n'aillent ni dans un grenier ni dans un musée de province, mais bien au Luxembourg et plus tard au Louvre, il est nécessaire que s'écoule un certain temps avant l'exécution de cette clause jusqu'à ce que le public, je ne dis pas comprenne, mais admette cette peinture. Ce temps peut-être de vingt ans au plus. En attendant mon frère Martial, et à son défaut un autre de mes héritiers, les conservera. Je prie Renoir d'être mon exécuteur testamentaire ...".
 
Caillebotte devait décéder en 1894 d'une attaque d'apoplexie.
 


          Les académistes, conduits par Gérôme, essaient alors d'empêcher l'entrée dans le patrimoine artistique de la France d'oeuvres impressionnistes qui furent constamment refusées au Salon Officiel - en particulier les oeuvres de Cézanne qui faisaient partie de la collection -, et l'Institut de France refuse dans un premier temps le legs Caillebotte aux Musées Nationaux français. 

En 1896, l'Etat autorisera les Musées Nationaux à sélectionner dans l'embarassant legs Caillebotte les toiles dignes de figurer au musée du Luxembourg.Ceux-ci refusèrent parmi ces "dérives d'un art malsain" vingt sept tableaux sur les 67 de la collection et accepteront : sept pastels de Degas, huit Monet, six Renoir, sept Pissarro, cinq Sisley, deux Cézanne et deux Caillebotte - joints au legs par Martial Caillebotte après la mort de son frère - qui seront présentés dans une annexe du musée du Luxembourg en 1897.L'exposition suscitera de violents remous et provoquera un scandale politique à l'instigation de Gérôme et dix-sept de ses collègues, membres de l'Institut. 

Le Sénat sera ainsi saisi de l'affaire.C'est ce don, que Renoir sut imposer à l'État après la mort de Caillebotte, qui permet aujourd'hui à la France de disposer dans son patrimoine d'œuvres majeures de Monet, Degas, Sisley, Renoir...Les oeuvres refusées furent pour la plupart rachetées par un certain Docteur Barnes dont la collection d'Impressionnistes est maintenant enviée par nos musées nationaux (Exposition de la Fondation Barnes au Musée d'Orsay en 1993-94) !

La collection ne sera intégrée au Louvre qu'en 1928, et se trouve aujourd'hui au Musée d'Orsay.

CAILLEBOTE et LA CRITIQUE de ZOLA 

           Zola
, qui prendra le parti des Impressionnistes vilipendés par la critique et refusés par le jury du Salon, sera critique à l'égard de Caillebotte dont il dénoncera le réalisme photographique lors de la deuxième exposition impressionniste. Le peintre présentera les huit toiles suivantes : Raboteurs de parquet, Jeune Homme jouant au piano, Jeune Homme à sa fenêtre, Déjeuner, Après Déjeuner et deux Jardins

Zola commentera ainsi le talent de Caillebotte dans ses Lettres de Paris de juin 1876 :

"Caillebotte a exposé Les Raboteurs de parquet et Un jeune homme à sa fenêtre, d'un relief étonnant. Seulement c'est une peinture tout à fait anti-artistique, une peinture claire comme le verre, bourgeoise, à force d'exactitude. La photographie de la réalité, lorsqu'elle n'est pas rehaussée par l'empreinte originale du talent artistique, est une chose pitoyable".

Lors de la troisième exposition impressionniste de 1877, Caillebotte présentera les six toiles suivantes : Rue de Paris, temps de pluie , Le Pont de l'Europe , Portraits à la campagne, Portrait de Madame C ; Portrait et Peintres en bâtiments.
Zola émettra alors un avis nettement plus favorable dans ses Notes Parisiennes - Une Exposition : Les Peintres impressionnistes 1877 - :

"Enfin, je nommerai M. Caillebotte, un jeune peintre du plus beau courage et qui ne recule pas devant les sujets modernes grandeur nature. Sa Rue de Paris par un temps de pluie montre des passants, surtout un monsieur et une dame au premier plan qui sont d'une belle vérité. Lorsque son talent se sera un peu assoupli encore, M. Caillebotte sera certainement un des plus hardis du groupe".

Zola passera sous silence la présence de Caillebotte à la quatrième exposition impressionniste. Il reprendra sa plume en 1880 (Le naturalisme au Salon), année au cours de laquelle le peintre exposera son Autoportrait, Dans Un Café et Vue prise à travers un balcon.

"M. Caillebotte est un artiste très consciencieux, dont la facture est un peu sèche, mais qui a le courage des grands efforts et qui cherche avec la résolution la plus virile".


                      Site :          www.impressionniste.net/caillebotte.htm






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Mardi 11 décembre 2007 2 11 /12 /Déc /2007 21:16

Michel Granger - Empreintes 2007


       

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