Mardi 11 décembre 2007
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Pablo PICASSO- Les demoiselles d'Avignon
Quelques extraits de Pablo Picasso sur le tableau
"Guernica."
En juillet 1907, Picasso achève une toile de très grand format (huile sur toile, 243.9 x 233.7 cm), entreprise durant l'hiver, qui rompt brutalement avec tout ce
qui avait été fait auparavant. Baptisé à l'origine Le Bordel d'Avignon en souvenir de la carrer d'Avinyo — rue chaude
de Barcelone — elle prend le nom de Demoiselles d'Avignon en 1916.
Il ne reste plus que cinq femmes dont une, à gauche est vêtue, sur la toile. Les dessins préparatoires réalisés montrent qu'au début,
deux hommes devaient figurer : un marin et un étudiant en médecine tenant un crâne dans ses mains, symbole de la mort, mais aussi du vice et des vertus. Peu à peu, le peintre a délaissé le
récit - principe narratif classique - pour se concentrer sur les innovations formelles qu'il comptait apporter aux figures et à l'espace. Néanmoins, il s'agit d'une scène de
bordel pour les amis de Picasso. Mais aujourd'hui, parler de
"bordel" pour une interprétation du "Jugement de Pâris", nous permet d'envisager une nouvelle lecture de l'œuvre de Picasso. L'idée de Picasso était de détruire l'image de l'idéal de la femme.
Cette oeuvre est donc une sorte de caricature à l'encontre du Bain Turc d'Ingres, de même que la 2nd figure de la femme sur ma gauche est une Odalisque couchée relevée (cf la période d'Orientalisme
d'Ingres).
« Un jour, nous apprendrons que Picasso s'est pendu derrière sa grande
toile »
Le contenu - des prostitués nues aux corps mutilés - et le traitement de l'espace et des figures, qui rompent radicalement avec l'art
traditionnel, sont à l'origine de cet effroi. Picasso a lui-même vu en cette œuvre un acte d'exorcisme. Sans doute a-t-il traduit ses peurs du vice et de la maladie par les visages des figures de droite « dont les déformations évoquent les lésions atroces de la
syphilis » (Rubin) — ce qui est une interprétation
plausible sachant qu'a l'époque, des prospectus circulaient sur les conséquences physiques de cette maladie. Mais depuis 1907, il entend surtout trouver une nouvelle représentation de la figure humaine.
Les formes schématisées de la figure de gauche poursuivent les recherches engagées autour de
l'art ibérique à cette époque. Elles témoignent déjà du désir du peintre de saisir l'essence des figures. Mais c'est avec les figures de droite, dans lesquelles Kahnweiler a vu « le début du cubisme », que
Picasso accède à une représentation objective. Remaniées en juin 1907 suite à sa visite au Musée du
Trocadéro, où sont présentés des objets tribaux, elles reprennent un principe de l'art
africain qui consiste à montrer ce que l'on connait et non ce que l'on
voit. Le premier principe du cubisme naît ainsi avec la femme du bas à droite, en qui Picasso réalise une synthèse de différents points de vue. On passe
d'un mode pictural perceptif à un mode conceptuel.
Quant à l'espace, engendré à partir des contours de deux types de figures, il est nettement
sectionné en deux. Ces espaces abstraits, dénués de profondeur, rompent radicalement avec les règles de perspectives et le principe d'unité du style classique. Par la cohabitation du travail
effectué jusqu'à la Nature morte à la chaise cannée (1912), œuvre qui débouche sur le cubisme
synthétique.
Symbolique :
Cette peinture est une « interprétation » comme Picasso en fera durant toute sa vie, du Jugement de Pâris (partie
gauche) de Raphaël, qui sera repris par de nombreux peintres dont Rubens, qui en donnera plusieurs versions. Dans cette peinture de Picasso de 1907, cinq personnages, comme dans la partie gauche du Jugement de
Pâris. Les trois femmes présentées à Pâris sont à gauche. Pâris est assis et hésite. Le berger est debout à droite. La pomme est au premier plan, parmi d'autres
fruits. Pâris n'a pas encore fait son choix. Les masques différents et plus « mâles » des deux personnages de droite pourraient donner raison à cette hypothèse.
Anecdotes :
Dans cette peinture, Picasso offre aussi
une représentation d'une maison close barcelonaise, située rue Avinyo, qui donne son nom à la toile, laquelle n'ayant donc, contrairement à ce que laisse penser sa
graphie, aucun rapport avec la ville française d'Avignon.
Les Demoiselles d'Avignon est l'anagramme
parfait de vile meaningless doodles (vils griffonnages sans signification), comme cela est
mentionné dans Da Vinci
Code de Dan Brown (version anglaise).
Par Yag
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