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Les dessous de La muse
Depuis deux ans et demi, La muse annonce gratuitement la plupart des évènements culturels du Roannais. Vous
avez pris l’habitude de la lire, de l’éplucher ou de la consulter et nous vous en remercions. Mais avez-vous songé à sa création ? Les dessous de cette muse sont parfois affriolants, souvent
émoustillants et aujourd’hui troublants.
Pour vous, La muse va se mettre à nu. Car elle n’est pas loin d’être à poil. Si elle a trouvé lecteurs,
admirateurs et même consommateurs qui la prennent chaque mois pour un plaisir partagé, les financeurs sont timides ou la trompent avec la concurrence. Parfois, ce sont les mêmes qui lui envoient
leur programme et réclament une belle place sous la couverture.
Mais leurs bourses sont vides pour leur belle. Trop d’infidélité…
Cliquez sur la photo
Comment ça marche La muse ?
La muse est une association à but non lucratif.
Eh oui !
C'est-à-dire qu’elle est composée d’une douzaine d’associés bénévoles et qu’aucun actionnaire ne touche de
dividendes. Seules deux personnes, le graphiste et une permanente d’association, sont salariées grâce aux aides de l’état (contrats aidés CAE).
La muse est une presse libre et indépendante, il n’y a pas de PPDA, ni de micros dans les téléphones. Pas
d’argent non plus des Betancourt. Chaque mois, l’association doit trouver des sous pour éditer le prochain numéro.
Huile de coude et bonne volonté et ça fait plus de deux ans que ça dure, sans faillir.
Son objectif :
Ces amateurs de culture se sont donné une mission de service culturel (pas moins) : informer gratuitement
les Roannais de tout ce qui se passe culturellement dans leur pays. Ils parlent de tout et de tous les cantons, annoncent les évènements qu’ils soient amateurs ou professionnels, publics ou
privés, populaires ou sélectifs. Ils n’aiment pas tout, ne sont pas d’accord sur tout, mais ils sont curieux et ont envie de partager leurs coups de cœur et leur coup de gueule avec le
public.
Pour faire rayonner la culture roannaise, l’équipe a choisi de vous la présenter dans un bel écrin. On ne
voulait pas faire un fanzine mais un magazine pour tout public. Et comme on respecte nos lecteurs, on a choisit du beau papier glacé. Bien sûr, on paierait un peu moins cher si La muse était
imprimée sur du papier cul mais on préfère qu’elle ne serve pas à ça.
Le fonctionnement
La muse, c’est speed !
Si les sujets sont variés, le rythme s’impose à toute l’équipe de rédaction :
En début de mois, tous les gazetiers, photographes, pisse-copies, dessinateurs, graphiste, se rencontrent
pour discuter du numéro à venir. Nous débattons des sujets, quel angle prendre, on se censure parfois.
Puis, chacun part avec ses devoirs. On a à peu près 15 jours pour tout écrire, trouver des financements,
mettre en page.
On se revoit au milieu du mois pour corriger, relire tout le magazine, dénicher les fautes d’orthographe,
les erreurs de syntaxe, les coquilles. C’est foutraque et démocratique, vivant et collectif.
Dernières corrections, La muse part chez l’imprimeur à la der de der minute. Avant minuit histoire de ne
pas devenir citrouille. On souffle, un peu. Pas longtemps, faut faire les comptes, gérer le tout-venant, faire le ménage.
Dernière semaine, La muse nouvelle sort des presses. On se partage la distribution, on a trois jours pour
faire tout le Roannais, tout Loire Nord jusqu’à Chauffailles, Marcigny, le Mayet de Montagne, Saint-Germain-Laval et Balbigny. On aime bien. La muse est bien accueillie, elle a son lectorat, on
nous complimente, ça requinque.
Et puis on redémarre un nouveau numéro.
Les finances
Tableau ou camembert :
L’édition du magazine coûte à peu près 4600€ par numéro
Dépenses :
Imprimeur :
Salaires et charges :
Loyer et charges locatives :
Distribution :
Frais divers :
Recettes
Aides de l’état aux salaires dans le cadre des CAE:
Contrat de communication :
Vente d’encarts :
Abonnement, souscription :
Les temps sont durs pour les personnages mythologiques
Ce numéro que vous avez dans les mains sera peut-être le dernier.
Aujourd’hui La muse n’a pas de dette mais ces deux derniers mois, elle a encaissé les mêmes avatars que la
conjoncture actuelle. Du coup, elle n’a plus d’avance non plus.
L’association ne bénéficie d’aucune subvention (et ce n’est pas faute de les avoir demandées…)
Elle a droit à deux CAE/CAI : maintenant que ceux de Mathilde et Carine¹ sont terminés, les services
concernés l’incitent à reprendre du personnel. On ne peut pas prolonger ceux qui se terminent même si les employés font très bien l’affaire. Il s’agit de faire tourner les chômeurs, pas de
soutenir la culture.
Les communes, structures culturelles, services publics ne nous soutiennent pas du tout à l’exception
notable de Riorges et de la communauté de communes de Charlieu qui, s’ils ne nous subventionnent pas, ont signé un partenariat publicitaire à l’année avec le magazine.
Par contre, les petites associations, avec leurs petits moyens, s’engagent dans le magazine pour promouvoir
leurs évènements car ils ont conscience de l’impact de La muse.
Si La muse crée du public, a des lecteurs fidèles et dispendieux de belles choses, les annonceurs ne sont
pas pléthores (à vos neurones). La concurrence est rude et commercialement talentueuse. Plus ancienne aussi.
1/ Voir l’équipe de La muse, pages 12 et 13
Les projets :
La muse va profiter de ses vacances d’hiver pour faire le bilan plutôt que déposer le bilan.
L’équipe s’interroge : Doit-on changer La muse, devenir une entreprise soumise aux lois du marché, renier
son indépendance, vendre du rédactionnel, se formater pour rentrer dans le moule ? Et sans doute perdre son lectorat. S’arrêter ? Jouer au Loto ?
Une question revient sans cesse : Une entreprise culturelle peut-elle vivre sans finances publiques
?
Nous espérons que les pouvoirs publics comprendront notre œuvre de service social et culturel et qu’ils
soutiendront notre action. Pour ne pas couler, on écope. Et on dépose des dossiers de subvention.
Et, si les agences locales de notation nous envoient des indices de confiance, rendez-vous au printemps
!
L’équipe de La muse
Encadré
Si vous voulez soutenir cet objet culturel, ce dénicheur de talent, cette inspiratrice de sortie, envoyer
l’audit et/ou la pétition pages 24/25 à La muse, 2, rue des Thermes-Romains à Roanne ou remplissez-les sur www.lamuse.biz
essai